Episode 11 – Chapitre deux – Vie et mort

Posted: May 15, 2015 in Réalité - le roman

Plus la cité se rapprochait plus le sentiment d’étrangeté qui habitait Mardl’a augmentait. Son compagnon juré semblait avoir complètement accepté cette aventure et elle lui en voulait ! Comment pouvait-on être aussi stupidement borné et conditionné par le pouvoir ? Comment pouvait-il être si calme ? Pour la première fois de sa vie, elle regretta de l’avoir rencontré, certes il lui avait offert une vie merveilleuse comparée aux mines et même un enfant, mais était-ce pour que tout se termine bientôt ? Lui avait-il donné tout ce bonheur pour que tout s’arrête plus rapidement ? Le dicton qui disait que si l’on vivait intensément la vie serait plus courte était-il vrai ? Elle ne se rappelait plus réellement la belle locution. Mais peu importait, elle refusait cette idée.

Toute à ses noires pensées, la jeune femme ne remarqua pas que depuis peu leur convoi était accompagné discrètement…

Comme le petit groupe s’approchait du laboratoire, un émissaire fût envoyé pour relever les accompagnateurs et conduire les jeunes gens très inquiets vers l’intérieur des bâtiments. Chemin faisant ils remarquèrent que cet endroit semblait très bien protégé, de nombreux gardes étaient répartis le long de leur chemin. Grundl’i ne manifesta aucun étonnement à cet accueil, une confrontation avec les autorités religieuses ne nécessite-t-elle toujours pas un certain niveau de sécurité ? Loin de ses pensées bien officielles, Mardl’a ne pu s’empêcher de remarquer que ces prêtres-savants ne paraissaient pas très “habituels” ils paraissaient avoir “l’œil brillant”. L’ancienne condamnée ressentait bien que l’audience qui allait se produire prochainement allait être cruciale pour son avenir. Elle ne pouvait s’empêcher d’y voir une lueur d’espoir.

Elle était loin de se douter qu’en fait elle entrait dans le saint des saints de la rébellion, mais elle pressentait que la situation était nettement plus complexe que ce qu’elle lui semblait. Arrivant devant une porte, elle remarqua avec un tressaillement que le système de protection était le même que celui qui avait été démantelé par les prêtres-savants à la mine parce que contraire à leur éthique ! Il n’y avait pas une grande différence mais elle avait suffisamment étudié ces objets pour en détecter les plus fins détails.

Où était-elle ? Sans s’en rendre compte, elle avait adopté une autre démarche, son pas s’était fait plus souple et ses muscles s’oxygénaient, comme lorsque qu’elle était à la mine et devait faire face à un danger. Elle n’avait pas encore consciemment réalisé ce qu’elle venait de comprendre que son corps s’y adaptait déjà ! L’éclat nouveau de son regard fut instantanément caché par des années d’entraînement. Celui-ci toutefois n’avait pas échappé à Arblo’p, chef de la rébellion qui suivait cette arrivée sur un écran géant.

L’affaire allait être intéressante…

***

L’homme releva les yeux de son écran, une fois de plus il était surpris de ce qu’il venait d’écrire, comme si ce qu’il consignait n’était en fait qu’une simple transposition d’une autre réalité. Il en était d’ailleurs à moitié convaincu et ceci ne le dérangeait pas.

Certaines personnes sont accros à la cigarette et peuvent par exemple en découvrir une allumée, au trois quarts consumée, dans le cendrier lorsqu’ils décident d’en allumer une autre. Cet homme était un aficionado du café et de nombreuses tasses plus ou moins remplies trônaient dans la pièce. Il prit la grande tasse posée sur son bureau, constata que le contenu en était froid, releva les yeux et ne trouva pas d’autre récipient susceptible d’être rempli. Il se leva et vida machinalement le contenu dans l’évier, deux autres tasses y étaient déjà. C’était une opération si banale que même l’évier sembla accepter stoïquement la douche brunâtre.

Son esprit avait besoin de mouvement, il fit trois fois le tour de la pièce et constata qu’il était un peu fatigué de la musique qui passait en boucle depuis deux heures ou plus. Il se servit un café chaud du thermos qui était posé à même le sol, nota dans un coin de son esprit qu’il serait nécessaire de refaire du café où même qu’il serait bon de disposer d’une machine “expresso” dans son bureau. Il contempla ses CD un moment et changea la musique d’ambiance de ce lieu surchauffé. Sur une subite impulsion il décida de prendre un moment de pause et de penser à sa muse. Il avait envie de la ressentir par le lien quasi surnaturel qui les reliait. Au terme de ces introspections qui parfois lui donnaient l’impression d’être des “extraspections”, des idées lui traversaient l’esprit et bien souvent une nouvelle phase de créativité fulgurante survenait. Pour cette fois, son égérie était restée muette, il en ressentit un petit pincement d’angoisse complètement irrationnel, allait-elle bien? Et si celle-ci l’avait oublié? Et s’il se retrouvait seul? Abandonné?

Le ventilateur peinait à brasser l’air chaud qui baignait la pièce mais l’ambiance était bonne et l’homme se prit à sourire au ressenti de cet étrange sentiment. Il savait que ce n’était pas le cas. Il se concentra et perçut sa muse à la lisière de son esprit. Comme à l’accoutumée, le résultat de cette opération dépassa toutes ses espérances.

Subitement rempli d’énergie, il se remit au travail d’humeur joyeuse.

 

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